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L'Iran prêt à répondre "avec férocité" à toute frappe américaine, même limitée
information fournie par AFP 23/02/2026 à 18:21

Des véhicules circulent sur une autoroute près de la célèbre Tour Azadi à Téhéran le 23 février 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Des véhicules circulent sur une autoroute près de la célèbre Tour Azadi à Téhéran le 23 février 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Téhéran a averti lundi que toute frappe des Etats-Unis, même limitée, le pousserait à riposter "avec férocité", après que Donald Trump a évoqué une telle option en Iran, théâtre de nouvelles manifestations étudiantes contre le pouvoir.

Le président américain, qui tente d'arracher à l'Iran un accord portant notamment sur le nucléaire, a ordonné un déploiement naval et aérien massif au Moyen-Orient tout en gardant la voie diplomatique ouverte, avec de nouveaux pourparlers prévus jeudi.

"Il n'y a pas de frappe limitée. Un acte d'agression sera considéré comme un acte d'agression", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse à laquelle a assisté l'AFP.

Il était invité à réagir aux propos de Donald Trump qui a dit vendredi envisager une frappe limitée contre l'Iran si les négociations échouaient.

"Tout Etat réagirait avec férocité à un acte d'agression au titre de son droit inhérent à la légitime défense, et c'est donc ce que nous ferions", a souligné M. Baghaï.

"Tout ce que je peux dire c'est que je l'envisage", avait répondu vendredi Donald Trump à la question suivante posée par la presse: "Envisagez-vous une frappe limitée si l'Iran ne conclut pas d'accord?"

- Risque d'"escalade" -

A Genève, Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a mis en garde lundi contre un risque d'"escalade" régionale. "Les conséquences de toute nouvelle agression (contre l'Iran) ne se limiteraient pas à un seul pays", a-t-il dit.

"Par prudence", les Etats-Unis ont ordonné l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, tandis que le Hezbollah libanais, pro-iranien, a déjà annoncé qu'il ne resterait pas neutre en cas de frappe américaine.

Dans ce contexte de tensions, Israël "traverse des jours difficiles", a avancé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Nous restons vigilants, nous nous préparons à tout scénario".

Le président américain avait indiqué jeudi s'être donné un délai de "dix" à "quinze jours" pour décider d'un éventuel recours à la force contre Téhéran.

- Troisième session -

Pour l'heure, le dialogue se poursuit: après deux sessions depuis début février, de nouveaux pourparlers indirects, annoncés par l'Iran et le médiateur omanais avant d'être confirmés par les Etats-Unis, se tiendront jeudi à Genève.

Infographie des porte-avions américains USS Abraham Lincoln et USS Gerald Ford, ainsi que d'autres navires de guerre déployés au Moyen-Orient ou en route vers cette région, selon l'armée américaine ( AFP / Jonathan WALTER )

Infographie des porte-avions américains USS Abraham Lincoln et USS Gerald Ford, ainsi que d'autres navires de guerre déployés au Moyen-Orient ou en route vers cette région, selon l'armée américaine ( AFP / Jonathan WALTER )

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, chef de file des négociations, a estimé dimanche qu'il existait "de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant".

Il a dit espérer remettre bientôt "une première version" de texte à l'équipe américaine, menée par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner.

Les précédentes discussions entre les deux pays avaient été stoppées net en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran, à laquelle s'étaient associés les Etats-Unis.

Donald Trump avait alors assuré avoir "anéanti" le programme nucléaire iranien dans ces bombardements, même si l'étendue exacte des dégâts n'est pas connue.

Les Occidentaux craignent que Téhéran ne se dote de la bombe atomique, l'Iran assurant de son côté qu'il ne cherche qu'à développer un programme nucléaire civil.

- Nouvelles manifestations -

Ces nouvelles tensions entre Washington et Téhéran sont apparues après la répression dans le sang en janvier d'un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir "en aide" au peuple iranien.

L'Iran attend en échange d'un accord une levée des sanctions américaines, qui asphyxient depuis des décennies son économie, un marasme qui a été l'élément déclencheur des manifestations.

Des rassemblements contre le pouvoir ont de nouveau secoué plusieurs villes ces derniers jours.

Photo fournie par le bureau du guide suprême iranien Ali Khamenei le montrant lors d'un rassemblement religieux à Téhéran le 19 février 2026 ( KHAMENEI.IR / Handout )

Photo fournie par le bureau du guide suprême iranien Ali Khamenei le montrant lors d'un rassemblement religieux à Téhéran le 19 février 2026 ( KHAMENEI.IR / Handout )

Lundi, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP montrent des étudiants dans une université de Téhéran en train de brûler le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.

La foule, composée majoritairement de femmes, scande "A bas la République islamique", reprenant des slogans hostiles au guide suprême, Ali Khamenei, et aux autorités religieuses.

Les forces de l'ordre quadrillaient lundi les principaux carrefours de Téhéran.

La crainte d'une éventuelle intervention militaire américaine en Iran a poussé plusieurs pays à exhorter leurs ressortissants à quitter ce pays, comme l'Inde qui a annoncé sa décision lundi.

13 commentaires

  • 19:22

    @vau92 quand les US et Israel ont attaqué l'Iran l'an dernier en plein milieu des "négociation" la réponse Iranienne a été plus que du blabla. Et la production de pétrole n'a pas été impactée.


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